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Scientifique | Avis des chercheurs*

Avenue Winston Churchill: doit-on avoir peur des maladies du marronnier?

Quel danger réel présentent ces maladies pour des marronniers?

Elles concernent l’apparence esthétique et la fonction de pourvoyeur d’ombre. Les marronniers se croient en automne alors qu’on est (encore) en été! Leurs feuilles brunissent et tombent prématurément. Lorsque les infections sont sévères, les arbres ont l’air brûlés. Si l’attaque se répète pendant plusieurs années successives, l’affaiblissement de la croissance des jeunes arbres est possible. Néanmoins les maladies n’attaquent que des feuilles et les tissus corticaux, n’influencent pas le bois et donc ne mettent pas en danger la stabilité de l’arbre. Leur importance est souvent surestimée. Si cela se produit une fois, l’arbre le surmonte facilement. Même des attaques répétées plusieurs années de suite ont rarement des conséquences graves.

Faut-il abattre des arbres atteints par ces maladies?

L’avis des experts est clair: «La lutte contre elles n’implique nullement l’abattage des arbres atteints!» Les arbres ne sont donc pas atteints dans leur stabilité et ne présentent donc aucun caractère de dangerosité. L’abattage ne doit être considéré donc qu’en ultime recours en cas de perte de stabilité et de dangerosité avérée, notamment par un test de résistance mécanique pratiqué à l’aide d’un résistographe.

Peut-on soigner les marronniers malades et comment?

Oui. Ces maladies sont récentes, la dangerosité est souvent surestimée et des remèdes existent! Une solution plus efficace est le ramassage et la destruction régulière des feuilles mortes en hiver, puis leur incinération ou compostage. Il existe aussi des traitements chimiques et biologiques avec efficacité prouvée (système de piégeage phéromone.) l’élagage correct avec l’apposition de goudron sur les cicatrices et l’arrosage régulier pendant les périodes chaudes est essentiel pour des arbres. L’Union Européenne a financé le projet CONTROCAM qui rassemble des centres de recherche multinationaux et vise à traiter la maladie et à protéger les marronniers des villes. Plusieurs villes en France, Suisse, Italie, Allemagne, Canada etc. ont déjà pris contact avec ses centres pour envisager un traitement de leur marronniers. Cela signifie que le processus peut être éradiqué si l’on s’en donne l’intention et les moyens.

Les arbres malades, peuvent-ils guérir?

L’Arbre est un Etre Vivant! Comme n’importe quel être, l’arbre malade tout d’abord doit être soigné correctement et peut guérir. Il est capable également de développer à un certain moment son propre système immunitaire qui lui permet de combattre seul la maladie. Différentes techniques de revitalisation ainsi que les suivis physiologiques ont été mis au point par des chercheurs wallons de Gembloux pour permettre d’augmenter la capacité d’autodéfense des arbres et combattre le stress et les phénomènes de dépérissement dans l’environnement urbain.

Y-a-t-il des marronniers malades en Belgique?

Depuis 1999, on observe en Belgique une maladie des feuilles du marronnier. Pendant l’été 2000, 2002 et 2003, elle s’est propagée également à Bruxelles. Certaines communes et villes (Waterloo, Anvers) ont déjà adopté des mesures pour soigner et protéger leurs marronniers (et non les abattre!).

Tous les marronniers en Belgique, sont-ils concernés?

Absolument pas! La présence de ces maladies est fort variable suivant les sites. Dans Bruxelles, la fréquence peut être importante à un endroit et nulle ailleurs. Toutes les espèces ne sont pas également sensibles à l’un ou à l’autre de ces maux : on a le plus souvent retrouvé le problème sur les jeunes arbres et plus rarement sur arbres âgés. Il subsiste encore un grand nombre de marronniers absolument sains et superbes!

Ces maladies, ont-elles déjà été observées à l’avenue Winston Churchill?

Mais non! Les experts forestiers, y compris le bureau d’études français «Arboriconseil» qui a réalisé deux expertises commandées par la Région en 2003 et 2006, n’y détectent pas trace de maladies. Si dans leurs rapports ils analysent théoriquement les particularités de nouvelles maladies en évoquant l’hypothèse (!) qu’elles pourraient toucher les marronniers, ceux de l’avenue Churchill affichent une forme surprenante, et ils précisent expressément que:

  • le parasite Cameraria (en nette régression ces dernières années) fut observé à l’avenue de Tervuren, mais pas à l’avenue Churchill;
  • le champignon Phytophtora aurait été isolé sur un marronnier de l’avenue de Tervuren et avenue Albert, mais «les nombreuses analyses réalisées à ce jour n’ont pas permis de confirmer sa présence à Uccle»!!!
  •  

    Donnons donc leur chance à ces marronniers qui mériteraient depuis longtemps plus de soins et d’attention.

    *)
    Réf. scientifiques: INRA (Institut National de la Recherche Scientifique-France), le contrat CONTROCAM; site Plantes sauvages; maladies.plantes sauvages.free.fr ; maladie cameraria, site wsl.ch/Forest/ws. Service phytosanitaire d’observation et d’information. Institut fédéral de recherches WSL de Birminsdrof; Biobest biological systems, etc. M. Alain Bultreys. Centre wallon de recherches agronomiques de Gembloux; Département Biotechnologique du CRA-W ; Vallée d’Aoste, Loi régionale n°30 du 21.8.1990 sur la protection des arbres monumentaux; conclusions de CONTROCAM; Marc Arazi, Newsletter de ACN; conclusions du Centre de Foresterie de l’atlantique (SCF Canada), Dr Sven Bacher, Zoologische Institut Universitât Bern et Université de Neuchatel, etc.