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S.O.S. MARRONNIERS de l’ AVENUE WINSTON CHURCHILL!!! «Protection des Marronniers» ASBL avenue Louise 522 bte 3 – 1050 Bruxelles tel: 02 648 18 08 fax: 02 648 18 80 protectmarronniers@yahoo.fr Madame Françoise Dupuis Secrétaire d’Etat au Logement et à l’Urbanisme Boulevard du Régent 21/23 1000 Bruxelles LETTRE OUVERTE Monsieur Claude Desmedt Bourgmestre d’Uccle Maison communale U R G E N T Place Vander Elst 29 1180 Bruxelles Bruxelles, le 16 février 2007
Madame la Secrétaire d’Etat, Monsieur le Bourgmestre,
Concerne: le maintien de l’ensemble des marronniers de l’avenue Winston Churchill
Nous avons l’honneur de vous adresser la présente au nom de l’association «Protection des Marronniers», avec le soutien de 1549 signatures déjà recueillies par notre association, principalement auprès de riverains qui se sont clairement exprimés ainsi pour la préservation du site de l’avenue Winston Churchill, lequel fait partie de notre patrimoine culturel et historique.
Ils demandent le maintien de l’alignement actuel ainsi que la protection des marronniers tels que l’avaient imaginés les architectes du Roi Léopold II et qui contribuent à façonner l’image de Bruxelles.
Vous trouverez en annexe les pétitions signées par les habitants, lesquels attendent que leur voix soit entendue et prise en considération.
Bien sûr, des pétitions continuent à circuler signées par d’autres citoyens choqués de voir le projet de la Région défigurer irréparablement l’avenue Churchill, mais nous avons décidé de déposer à votre attention d’ores et déjà une première partie, ce vu l’urgence de la situation face à la décision d’abattage immédiat de plusieurs sujets et ce avec l’accord de la commune d’Uccle.
Votre motivation nous semble claire: au vu de l’ampleur prise par le large mouvement de la population qui entend préserver son environnement face aux projets de la Région, ou de la STIB, une tactique plus subtile se dessine.
Vous avez choisi de renoncer à l’abattage massif et de passer à l’abattage partiel sur plusieurs fronts (et toujours sans plan de replantation): d’abord neuf arbres, puis plus tard, la même chose, etc. en invoquant la sécurité, tout en reportant le problème sur l’autorité communale. Ensuite, on invoquera la «dangerosité» à court terme ou la nécessité d’un réalignement si l’on suit l’exposé fait au Parlement Régional qui vise in fine la destruction de 152 arbres pour l’avenue Churchill!
Cela ne manquera pas non plus de faciliter les projets de la STIB, lesquels sont seulement suspendus «pour une période d’essai». A ce sujet, si c’était le cas, l’on se demande pourquoi régulièrement des travaux d’équipements se poursuivent.
Cette stratégie résulte aussi des déclarations de M. Monami-Michaux de l’AED lors de la réunion de concertation du 19 juin 2003 déjà: «abattage systématique des arbres dangereux, ensuite compléter l’abattage par tronçons pour permettre les autres travaux d’une manière rationnelle»!
De surcroît, l’abattage d’un arbre pour des raisons de sécurité et d’urgence n’implique aucune autre autorisation qu’un arrêté du Bourgmestre sans vérifications fiables ou contradictoires du bien-fondé de la demande de la Région.
Cette approche n’appelle pas d’autres commentaires.
Il convient à présent de revenir sur cette notion de «dangerosité» et de savoir ce que recouvre cette notion.
En 2003, la Région charge un bureau d’experts d’une étude sur les marronniers. Le bon de commande de cette étude porte déjà la mention «avenue Winston Churchill: renouvellement des arbres»! Il est clair que, AVANT même de connaître les résultats de cette étude, la décision d’abattre les arbres avait été prise. De plus, la première étude de 2003 porte sur un échantillon d’arbres et l’expert extrapole ensuite sur l’ensemble de l’avenue! La Région attend ensuite trois ans avant de mettre en œuvre son projet qui maintenant deviendrait urgent.
Nous n’avons eu connaissance de ce rapport d’expertise que grâce à l’intervention de notre avocat, de même pour la deuxième expertise organisée en août 2006. Cette dernière expertise a été organisée un mois après la réunion de la Commission de Concertation à Uccle et apparemment aucune enquête publique n’est envisagée.
La Région justifie l’abattage de la totalité des marronniers (coût estimé de 2 020 000 à 2 930 000 € par l’AED) sur ces deux expertises pratiquées par la société «Arboriconseil» dans une période de canicule de 2003 et 2006.
Les experts ont analysé de nouvelles maladies en évoquant l’hypothèse (!) qu’elles pourraient toucher nos marronniers, mais en précisant quand même que:
- les marronniers de l’avenue Churchill affichent une forme surprenante; - le parasite Cameraria responsable du dépérissement fut observé avenue de Tervuren, mais pas avenue Churchill; - le champignon Phytophtora aurait été isolé sur un marronnier de l’avenue de Tervuren, mais «les nombreuses analyses réalisées à ce jour n’ont pas permis de confirmer sa présence à Uccle»!!!
A noter que ces «maladies», qui peuvent d’ailleurs être soignées, ne sont pas confirmées avenue Churchill «ne provoquent que le dépérissement et ne mettent pas en danger la stabilité de l’arbre et leur traitement n’implique aucunement l’abattage des arbres atteints» (Centre Wallon de Recherches Agronomiques de Gembloux).
Aucun test de résistance mécanique n’a été pratiqué et hormis le mauvais état de certains arbres, dus principalement à leur maltraitance par la STIB, pourtant chargée de leur entretien et élagage, l’on se demande sur base de quels critères, l’on déduit la dangerosité des marronniers de l’avenue Churchill.
Ils étaient déjà menacés d’abattage pour cette raison depuis 1976, ce parce qu’à l’époque aussi, des projets d’urbanisation de l’avenue étaient dans les cartons de l’administration. Pourtant, ils résistent toujours aujourd’hui, trente ans plus tard!
Quel est donc le degré réel d’urgence ici, ou même d’extrême urgence tel que leur abattage soit demandé pour des raisons de sécurité par arrêté du Bourgmestre sur demande de l’AED (et donc in fine de la Région?)
Par définition, les expertises réalisées sont contradictoires et justifieraient ici une analyse complémentaire attentive et complètement indépendante.
Nous demandons donc:
- la suspension de la décision d’abattage urgent prise par arrêté du Bourgmestre d’Uccle sur demande de la Région; - rendre les données des expertises publiques; - organiser une réunion d’urgence entre la Région, la Commune d’Uccle et les riverains; - de permettre aux riverains d’organiser une expertise contradictoire, garante de leurs droits démocratiques et donc en concertation avec les autorités publiques.
Une action en référés a été signifiée à la Région ainsi qu’à la Commune mais elle ne poursuit pas d’autre objectif que de chercher en commun une voie démocratique.
Nous vous remercions de la suite réservée à la présente et vous prions de croire, Madame la Secrétaire d’Etat, Monsieur le Bourgmestre, à l’expression de nos sentiments de très haute considération.
Edgard D’HOSE Charles DEWISME (Henri Vernes) Président Président d’Honneur 0498/12.00.00